« Énergie Positive », « Zéro Chômeur » : des thésard relèvent les défis de la Communauté de Communes du Clunisois

« Vu la nature des changements à opérer, il y a urgence à se frotter aux expertises diverses et variées pour inventer des réponses adaptées.»

Déjà pénalisés par un manque de moyens d'ingénierie, les élus des petites collectivités peinent par fois à attirer des talents. N'ont-ils d'autres choix, dès lors, que de s'attacher les services d'onéreux cabinets de conseils? Non! Ancien professionnel de l'enseignement supérieur, Jean-Luc Delpeuch a trouvé la parade. Depuis 2016, la communauté de communes du Clunisois, qu'il a présidé de 2008 à juin 2019, a déjà accueilli trois doctorants sous convention industrielle de formation par la recherche (Cifre) - un dispositif subventionné à près de 50 % par l'Etat. Logique de projets.

Un étudiant en sociologie, embauché comme travailleur social puis chargé de développement économique en parallèle de la rédaction de sa thèse, a mis en place une Maison France Services, avant de préparer la candidature de la collectivité pour devenir «Territoire zéro chômeur de longue durée». Puis ce fut le tour d'une urbaniste qui a décroché le label «Territoire à énergie positive» pour l'interco. Avant qu'une doctorante en architecture ne débarque, dernièrement, pour travailler sur les questions d'habitat en milieu rural.

«Les doctorants ne remplacent pas des cadres administratifs. Mais ils apportent un vrai plus, dans une logique de projets»,

vante Jean-Luc Delpeuch, qui apprécie leur bagage technique mais aussi leur créativité. « Désormais titularisé, le doctorant en sociologie a inventé de nouvelles façons de faire en tenant des permanences aux Restasdu coeur. Sa thèse nous a permis de renouveler les relations avec les administrés.» Autre objectif de cette politique: « garantir le droit au savoir» des élus ruraux, qui se forment encore moins que leurs homologues urbains. «Nous faisons pourtant face à des problématiques non seulement complexes mais aussi évolutives. A nous de nous organiser, sur le terrain, pour opérer les changements nécessaires. Nous n'avons plus le temps d'attendre», exhorte le Clunisois, qui espère jouer ce rôle grâce à des séminaires animés par des thésards. Si, en prime, cela permet de « modifier la culture de nos universités, où beaucoup de chercheurs restent dansleurs tours d'ivoire», l'ancien président d'Hesam Université sera comblé !

article de Hugo Soutra paru dans le Courrier des maires N° 353 - février 2021

Angèle Launay, doctorante en architecture

Boris Chevrot, Docteur en Sociologie

LE PROJET

Des doctorants à la rescousse

Le président de la communauté de communes a déjà fait appel à trois d'entre eux: le programme «1000 doctorants pour les territoires» qu'il a initié a vu le nombre de thésards accueillis dans les collectivités plus que doubler depuis 2016.